F i e s t a I n t e g r a l
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Tuesday, January 17, 2017
L'Inquisiteur et la Jeune Fille Nue (FR)
Il arriva dans la nuit profonde et dense de la jungle comme une espérance violente, sans tempérance et sans grâce. Ses gestes, précis comme des décharges électriques, pénétrèrent la forêt sans demander de permission et sans ressentir de regret ni de coulpe. Il ne connaissait ni le pardon, ni la capacité de recevoir l’impétuosité du monde avec compassion et patience. Il était (ou se disait lui-même) membre de la Confrérie des Hommes Supérieurs, possédant la forme de logique acquise dans les écoles aristotéliciennes, où il est appris, suggéré et élaboré l’idée que l’homme est, par sa nature et son essence, supérieur à la femme, à l’enfant, à l’animal, à la plante, et à toutes formes créées. Il était fils d’une lignée pervertie de pères et de fils qui ont peur de perdre leur nom dans la fréquentation du chaos et de la Terre-Mère (matrice fertile où le chaos se rencontre objectivé dans des formes sauvages et belles).
Il avait arbitrairement interdit à son âme de sentir l’intîmité avec les fleurs et les couchants, avec le chuchotis de la lune et le clapotis de la rivière chantante. Il avait interdit à son propre corps de contenir autre chose qu’une sorte d’indicible malédiction. Ses sentiments, émotions et sensations étaient jugées irrémédiablement par son esprit comme : indignes de témoigner de la vérité. Par une pratique systématique et orgueilleuse de l’autoflagellation, il avait maintes fois puni son corps charnel pour avoir témoigné d’une jubilation sensuelle, dense et confuse, à chaque fois que son attention était captée par le regard doux d’une donzelle, ou la courbe érotique d’une pâtisserie crémeuse (ses deux démons de prédilection étant la gourmandise et la luxure).
On se laisse imaginer volontiers le nombre de tensions et de mouvements contradictoires que son âme contenait. Il n'avait, fort heureusement, que très peu de temps pour y penser, fort pris qu'il était par les tâches mondaines que son statut et/ou sa fonction lui imposaient quotidiennement. Il était, officiellement, nanti du titre de "aide de camp du colonel de brigade". Ladite brigade (amassis des pires brigands de l’Europe de ce temps-là) avait pour mission (également officielle) de percer un chemin à travers la jungle pour établir, en le lieu situé au-delà de cette jungle, le premier pont "diplomatique", le premier contact "civilisé" des êtres conquérants avec les sauvageries conquises.
Sa mission officieuse lui avait été confiée par un certain Monseigneur espagnol de profession jésuitique qui lui avait rappelé son devoir de "Soldat du Christ", notion qui incluait automatiquement dans son esprit bien huilé les corollaires : "soldat de la lumière, de la vérité et de la paix" ("soldat de la paix" : c'est un oxymoron - il en fallait au moins un - et l'esprit binaire de notre ami n'y voyait aucun inconvénient...).
Le voici donc, tout perclus d'intensité vertueuse, pointe du fer de la lance civilisatrice, pénétrant les contrées obscures et opalescentes avec la claire intension d'y insuffler, par le pouvoir de sa simple présence, la lumière de Jésus, sauveur des âmes et des êtres.
Tout confus qu'il était, il ne vit ni la beauté ni l'harmonie du lieu qu'il pénétrait ainsi résolument. Il ne vit pas la peau de la grenouille frémir en même temps que la surface de la rivière. Il ne vit pas la tranquille araignée tisser son antenne intermondes. A aucun moment il ne s'arrêta pour écouter le murmure infini du silence. La montagne, la jungle, la rivière, le nuage lui étaient indifférents. Seule la pureté de son intension et la rigueur de sa foi lui étaient importants, et tout être ou objet encontré était strictement jugé en termes de : allié/ennemi, relativement à la valeur de leur correspondance avec la ligne de sa mission double.
Le voici donc aux prises avec sa propre jungle intérieure, son propre chaos interne, dont le monde au-dehors n'est qu'un miroir, et le voici qui applique sur sa propre femme/enfant/nature intérieure l'autoflegellation comme argument d'autorité divine. Que ne pourrais-t-on rire de telles simagrées !? Le personnage est bien dessiné, tout en verve et en verge refoulée, plein de tensions irrésolues et à tout moment sur le point d'(ex/im)ploser. Le pauvre hère s'en va chargé d'une mission qui, en réalité, ne le concerne pas. Sa vraie mission, sa mission d'âme, est justement située là où son esprit altéré a choisi d'assigner les termes de "démon" et de "péché". Il a honte, et il lutte sans cesse pour ne pas laisser sa vraie mission de vie apparaître entre les mailles de l'étau de sa fausse mission de vie. Sa vraie mission de vie est de jouir, dans son corps et son âme incarnée, de la femme, de la nature et de l'enfant, de l'odeur du vent, de la texture d'une peau sensible, du murmure laborieux du sol vivant. Et l'éducation qu'il a subi, puis acceptée, et à la forme de laquelle son esprit conquérant s'est (presque) totalement identifié, sacrifie la femme, la nature et l'enfant (et le fleuve, et la forêt, et la pluie, et le nuage, et le vent) sur l'autel de sa propre folie vertigineuse et pervertie - Ourobouros sadique-anal qui se défêque perpétuellement lui-même jusqu'à l'oubli, jusqu'à l'ultîme expulsion de sa propre forme haïe (si l'analogie symbolique est permise).
La jeune fille nue apparaît soudain dans le décor, comme une Vénus naissant des eaux de la rivière qui descend directement de la cordillère en volutes voluptueuses. La jeune fille aux cheveux longs et noirs, au corps tendre d'adolescente pleinement formée, jouit de se perdre et se confondre avec le flux de l'eau froide qui stimule en chantant tous ses muscles et tous ses nerfs vibrants de sensibilité et de joie. Elle fait partie de la rivière, son corps d'eau n'offre aucune résistance au courant virevoltant. Son rire se mélange fraîchement au chant joyeux des mille oiseaux qui, en ce paradis, convolent chaotiquement. L'ensemble est d'une beauté et d'une perfection formelle absolue. L'oeil du peintre, l'oreille du musicien, l'imagination du cinématographiste y verraient une scène digne de la meilleure, de la plus délicate attention. On y voit la beauté, la joie, l'harmonie, la vie, la femme, l'enfant, la lumière, l'eau, se joindre spontanément en une forme parfaite. La jeune fille est consciente de ce fait (étant peintre, musicienne et cinématographiste inclusivement), et la conscience de ce fait amplifie rétroactivement la qualité, la densité et la lumière de son expérience.
L'homme la voit, et la reconnaît instantanément. Tout son corps nié et torturé par les privations la voit, la sent, et la reconnait. La fibre la plus intîme de son être entre immédiatement en résonance avec la fibre la plus intîme de la jeune fille nue. Elle sent que quelque chose a changé, et reconnaît la présence de l'homme, quoique non spécifiquement. L'homme sait qu'elle sait. En la région de son âme où se produit la réminiscence, il se souvient d'un temps confus, d'un Eden primordial où tout était parfait. Il regarde devant lui, et voit, dans la scène de cette jeune fille nue jouant, libre et joyeuse, avec l'eau du torrent de montagne, une représentation parfaite de ce souvenir. Son âme explose intîmement au son de cette réminiscence, et tout son corps se met à vibrer.
Quasi-immédiatement (après un laps de temps dédié à la surprise), son ego met en place l'appareil de contrôle qui est du ressort de sa responsabilité et s'entretient à manipuler les manettes et boutons qui en parsèment la surface. De cliquetis en roulement de rouages, peu à peu, l'homme réagit à la douce présence de la façon éminemment prévisible que chacun présuppose. Le premier "réflexe" de son ego est de transformer en :"peur" ce qui est d'abord vécu par son âme comme :"pure jouissance". Ensuite, les rouages de la vertu et de l'indolence vont immédiatement traduire cette "peur" dans la neurobiologie de l'agression. Et en troisième recours, la vertu de la logique efficiente vient enganter de soie le métal tranchant de l'agression. L'ego de l'homme transforme donc le paradis en enfer, et l'homme tout à coup est pris par la frénésie de "sacraliser" toute cette "sauvagerie".
Il emprisonne la femelle et la torture, ou la fait torturer par les hommes de main du colonel. Son action en cette occurence, de son propre point de vue, est parfaitement vertueuse. Il ne sait pas qu'en réalité son âme pervertie transfère en cette cinématographie infernale une forme distordue de son amour indicible pour elle. Il ne sait pas que le couteau que les hommes de main du colonel utilisent pour arracher des aveux au corps de la jeune fille est en fait la métaphore du couteau interne que son esprit aliéné enfonce dans les méandres de ses propres entrailles sensibles. Et les spasmes de la jeune fille en lutte se miroitent dans les spasmes de son propre coeur torturé. Il ne sait pas cela, c'est son choix, son ignorance singulière. Il ne veut écouter ni la peur qui crie dans son âme (réverbérée dans les cris de la jeune fille), ni la jouissance qui rit à l'essence de sa peur. Il dédie toute son âme à "réformer" la sauvageonne, et les sanglots de son âme torturée lui apparaissent comme les remous superficiels de la bête emprisonnée aux tréfonds de sa mémoire, également appelée à subir les violences de la réforme et du déni.
La torture dure trois jours. Trois jours de lutte pour l'un comme pour l'autre. Lui, lutte contre ses démons. Elle lutte pour résister à cette épreuve, car elle sait qui il est, et elle sait pourquoi il agit de cette façon. Elle sent dans son âme la résonance avec lui. Elle sait qu'ils proviennent tous deux de la même étoile. Ils ont en commun une signature vibratoire bien spécifique - turquoise et dorée avec des pointes constellées de lapis-lazuli. Elle a connu une fois cette signature, du temps où son père était vivant. Aujourd'hui elle rencontre cette signature pour la seconde fois, chez un autre homme que son père. Elle sait qu'elle et lui font partie du même battement de coeur galactique. Ce que ça signifie ne s'articule pas en paroles, mais elle sait, sans nulle doute, que leur histoire ne commence ni ne finit dans ce cachot sombre où elle rencontre - une fois de plus - la souffrance et l'ombre de la mort.
Elle voit les démons de l'homme, les reconnaît, les nomme. Il y a la peur, l'envie, l'ambition, la férocité. Plus profondément, elle sent la tristesse, et la peur d'être seul. Plus profondément encore, elle voit dans le coeur de l'homme confus l'étoile claire du pardon et de l'innocence. Elle sait qu'il croit avoir besoin de ce sacrifice humain comme d'une offrande à ses démons, peut-être pour la croyance qu'ainsi ses démons le laisseraient un moment tranquille. Elle sait aussi qu'une telle croyance est pure folie, ou pure bêtise, car à nourrir un démon, on ne gagne jamais à le vaincre, on ne gagne jamais qu'à l’engrosser. Elle est prête à offrir son corps en sacrifice à ce mensonge, mais l'imbécilité d'un tel propos l'offusque un peu. Elle cherchera peut-être d'autres moyens de résoudre cette situation, utilisant le pouvoir de la parole, par exemple.
Finalement ce dialogue a lieu, entre lui et elle, dans l'obscurité d'un cachot froid et luisant. Il lui pose les trois questions traditionnelles suivantes :
- Qui es-tu ?
- Je suis le reflet de ton âme dans le reflet de l'eau, de l'air et du feu. Je suis la terre qui porte ton corps, et le murmure du souvenir dans ton sang. Je suis ton âme reflétée dans un corps différent du tien. Je sais que tu sais qui je suis. Je sais aussi que tu sais que je sais que tu sais.
Il entend la confusion de l'ombre. Son esprit identifié a la logique voit en cette parole la preuve que le démon tente de se confondre à lui. Première tentation : se prendre pour lui. Première ligne de défense : l'affirmation péremptoire que "je" ne suis pas "toi".
- Que me veux-tu ?
- Je ne te veux rien. Je suis là, présente en mon corps et mon âme, offerte à ton amour et à ton appréciation. Mon coeur souffre de sentir ton coeur souffrir, et je ne veux rien que t'offrir, comme à tous, la douceur de la consolation et la clarté du pardon à soi-même.
Il entend la séduction démoniaque, et la tentation sensuelle, se joindre en l'image de ce jeune corps nu, dégradé par le fer mais toujours traversé de cette douce fraîcheur que sa bouche aimerait goûter et déguster longuement, mais que son sens moral interdit d'exister, preuve que l'exorcisme qu'il tente ici a bien raison d'avoir lieu.
- Comment te sentirais-tu si tu recevais plénitude de ce que tu veux ?
- Je me sentirais comme je me sens maintenant, pleine de pardon et de consolation, de paix et de tristesse, d'amour et de compassion.
Il entend dans cet aveux le mensonge du démon, prétendant posséder des vertus charismatiques qui n'appartiennent en propre qu'à Jésus le Christ Sauveur, à son Père et à l'Esprit Saint qui nous anime tous. Dans ce blasphème, l'homme voit la confirmation qu'il s'agit bien d'un démon, car seul un démon pourrait proférer une telle contre-vérité.
Il choisit en conséquence de punir la jeune fille définitivement. Son esprit envisage la possibilité d'une mis à mort par le feu, mais quelque résidus de culpabilité confuse lui fait préférer la solitude éternelle d'un cachot. Elle vivra vingt ans au fond obscur d'une oubliette, nourrie comme un chien, au contact de ses propres déjections et de hordes grouillantes de vie noire.
Au fond de ce trou, peu à peu sa foi se transformera en colère. Peu à peu, la colère voilera son souvenir de l'homme. Elle fera appel à des invocations terribles. Du jeune corps nu sortira peu à peu deux extensions, puis deux supplémentaires. Ses os se dissolveront par l'acide de la colère. Sa tête et son tronc se confondront. Dans le coeur de l'homme oublieux, peu à peu, l'étoile blanche du souvenir que la jeune fille avait éveillé se transformera en ombre tentaculaire. Maintenant, dans les rêves fébriles de l'homme devenu fou, un monstre aquatique immense et noir désire avaler son corps, et aspirer son âme dans le néant.
Valparaiso 2016 0922
Tuesday, November 24, 2015
Kiku et le Poulpe (FR)
Il y a quelques semaines, Simon nous a raconté l'histoire du Dragon Cosmotellurique qui a vécu 3000 ans au Tibet puis, à l'aube du 3e millénaire, a nagé sur des tremblements de terre en forme de vagues et, après avoir parcouru la moitié du Globe, est venu s'échouer sur les rivages de la Cordillère des Andes. Le Chili et le Pérou font maintenant partie d'un nouveau pays qui, dans le langage de la Nouvelle Mythologie se nomme : "le Nouveau Tibet".
La Mythologie du 3e Millénaire invente chaque jour de nouvelles images et danses, de nouveaux contes, chants, symboles et rituels. Chaque humain, animal, plante, pierre, étoile, nuage, ange et démon est invité à participer à la création de cette Nouvelle Mythologie en y ajoutant sa couleur et son timbre personnels. Aujourd'hui j'ai décidé de participer à cette nouvelle tradition en vous contant l'histoire de :
KIKU ET LE POULPE
Kiku est le gentil nom que je donne au Dragon Cosmotellurique. C'est plus court et c'est plus joli. Kiku donc est arrivé dans la Cordillère des Andes. Il a étendu son corps électrique tout le long de la chaîne montagneuse qui le soutient comme une colonne vertébrale. Il pousse sa tête au Pérou, ses cheveux sont la jungle infinie, et sa queue, tout au sud, s'étend jusqu'en Patagonie. Valparaiso est situé dans le plexus solaire du Dragon.
Donc il arrive, il se pose, se détend, sent son nouveau corps et la vibration interne de la Cordillère lui plaît beaucoup. Il entend, comme un son de cloche éternel, vibrer la roche millénaire. Il entend, dans la profondeur du sol, le craquement immense et lent de la plaque tectonique qui frotte sur le fond basaltique de l'Océan. Ce frottement produit de l'électricité, et cette électricité nourrit son corps vital, fatigué par le long voyage.
Il se détend et il rêve. Il voit son corps, la Cordillère, l'Océan. Dans les fibres du rêve il perçoit une présence noire, tout au fond de l'Océan. Il plonge plus loin dans le rêve et voit une forme se dessiner : des tentacules au nombre de huit se rassemblent autour d'une tête globuleuse et molle au milieu de laquelle deux yeux rouges lui rendent soudain son regard.
Surpris, Kiku recule. Le corps immense d'un poulpe noir surgit de l'Océan devant lui et grandit jusqu'à remplir tout l'horizon. Au milieu de la tête ronde qui maintenant cache le soleil, les deux yeux rouges continuent de fixer ceux de Kiku. La forme titanesque est parcourue d'un tremblement de colère qui fait vibrer toute la Cordillère.
Évidemment, se dit Kiku, il fallait bien que je travaille un peu avant de pouvoir danser et rire dans ce pays accueillant. Voyons ... Que puis-je faire ?
Après un court moment de réflexion, il détache de son coeur une goutelette d'innocence pure et lui donne la forme d'un enfant de 3 ans, qu'il dépose délicatement sur la plage, exactement en face du poulpe. Celui-ci, furieux d'avoir été dérangé dans son sommeil, agite ses bras torturés en tous sens.
Ses huit pattes se divisent en huit, chaque sous-patte à son tour en huit, et ainsi de suite, et au bout de douze divisions, 7 mille millions de pédoncules en forme de doigt pénètrent dans le cul serré de 7 mille millions d'humains. Les mouvements individuels de chacun de ses doigts permettent au poulpe de manipuler, comme des marionnettes, les hordes humaines en utilisant le pouvoir de la PEUR. Et 7 milliards d'humains vont au boulot le matin, bouffent des completos, regardent la télé et boivent de la bière sans savoir que, dans le fond, leur cul est serré sur le doigt d'un poulpe. Et chaque fois que ce doigt bouge dans leur derrière, ils ressentent de la PEUR, et le poulpe absorbe cette peur comme une nourriture juteuse. Le poulpe parasite toute l'humanité et l'humanité n'en sait rien car le poulpe possède aussi le pouvoir de maintenir sa forme cachée dans l'obscurité des profondeurs.
L'enfant n'a pas peur du poulpe, car il possède en plénitude le pouvoir de l'innocence. Il regarde le poulpe dans les yeux et lui pose les trois questions rituelles suivantes :
- qui es-tu ?
- que veux-tu ?
- comment te sentirais-tu si tu reçevais en plénitude ce que tu veux ?
Voici donc le dialogue tel qu'il se déroula :
- qui es-tu ?
- je suis le POULPE (voix immense); je contrôle l'univers par le pouvoir de la PEUR (voix immense); je suis vieux comme la Ténèbre et je te HAIS !!! (tout tremble)
- que veux-tu ?
- je veux dissoudre ton corps dans le Néant, détruire ton âme et la disloquer pour toujours, et manger les restes de ta souffrance qui sont un délice pour calmer ma faim infinie !!!
- comment te sentirais-tu si tu reçevais en plénitude ce que tu veux ?
- (plus calme) : je me sentirais plein de calme, de confiance et de paix
L'enfant se tourne alors vers la fenêtre située au centre de son coeur et y regarde un instant le Dragon dormir. Ensuite, au sommet de son crâne, il ouvre un petit orifice par lequel il invite l'Océan Infini du Ciel à déverser dans son corps une pleine mesure de calme, de confiance et de paix. Il laisse son corps se remplir tout entier de cette substance liquide, dorée et douce comme du miel, ses jambes, son tronc, ses bras, sa tête, jusqu'à ce qu'il soit entièrement rempli. Ensuite, transformé des pieds à la tête en grain de miel juteux, l'enfant avance vers l'Océan et offre son corps au poulpe en lui disant : mange-moi !!!
Le poulpe, dominé par un appétit millénaire grand comme l'Océan, se jette sur la proie juteuse et la gobe en un coup. Instantanément, deux enfants gorgés de miel apparaissent sur la plage. Il les gobe tous deux : quatre apparaissent, et ainsi de suite, huit, seize, etc ... Aussi grande soit la faim du poulpe, le nombre d'enfants comestible augmente toujours plus. Le poulpe abandonne toute retenue. Il dévore avec délice les grappes d'enfants qu'il agrippe sauvagement en utilisant TOUS ses doigts.
Ce qui signifie que, du même coup, 7 mille millions de culs humains sont instantanément libérés du pouvoir de la peur, et un immense soupir de soulagement parcourt alors l'inconscient collectif de l'humanité, libérée pour la première fois de l'emprise du poulpe depuis plus de 3000 ans.
Le poulpe mange, mange, mange. Tant et si bien que sa faim, qu'il croyait infinie, peu à peu se calme. Il change de forme. D'immense, il rétrécit lentement, jusqu'à atteindre une taille humaine. Sa forme se simplifie : deux tentacules deviennent un bras, deux autres tentacules un autre bras, et les quatre restants, deux jambes. La tête devient proportionnellement plus petite, et à son sommet, une longue chevelure noire se met à pousser, tandis que la peau noire, peu à peu s'éclaircit vers les tons terre-de-feu. À la fin du processus de transformation, le poulpe est devenu une jeune fille de 19 ans, toute nue, très jolie, aux longs cheveux noirs qui lui couvrent tout le corps en boucles rondes. Elle tourne son visage plein de gratitude vers l'enfant et lui sourit.
L'enfant lui répond par un sourire, puis pose à la jeune fille les trois questions rituelles suivantes :
- qui es-tu ?
- que m'offres-tu ?
- comment puis-je te trouver quand j'ai besoin de toi ?
Voici donc le dialogue tel qu'il se déroula :
- qui es-tu ?
- je suis la Pachamama. Je détiens la plénitude du calme, de la confiance et de la paix. Je soutiens l'Univers par les fibres de ma chevelure infinie. Je suis le lieu où chacun revient lorsqu'il se repose.
- que m'offres-tu ?
- je t'offre le chemin qui porte tes pieds, l'eau de la rivière qui étanche ta soif, le bruit du vent dans les arbres, qui enjoue de sa musique ton âme
- comment puis-je te trouver quand j'ai besoin de toi ?
- appelle le vent, l'eau de la rivière, le chemin de pierres noires; écoute tes os, ton coeur, le murmure de l'Océan de ton sang; je suis partout en toi; écoute le silence au-dedans de toi
Le silence, alors, parfait, s'étend dans l'espace autour et au-dedans de l'enfant et de la jeune fille. Dans ce silence, la Pachamama regarde l'enfant. Elle sait lire dans l'âme de chacun son histoire. Pourtant, quand elle regarde dans l'âme de l'enfant, elle ne voit rien, rien que de l'innocence, sans trace d'aucune mémoire. Ce mystère l'intrigue. Elle regarde plus profondément dans l'âme de l'enfant et rencontre la fenêtre située au centre de son coeur. Elle regarde à travers la fenêtre et voit l'image du Dragon, immense et assoupi, dont le corps couleur de perle s'étend tout le long de la Cordillère des Andes. Elle regarde cette forme, puis l'âme de cette forme, et tombe instantanément amoureuse. Son coeur est touché par l'innocence profonde du Dragon, dont l'enfant n'est qu'un reflet. Elle se baisse alors, se fait plus petite, puis pénètre toute entière dans le coeur de l'enfant, et va s'étendre, nue et vibrante de désir, au côté du corps du Dragon assoupi.
L'histoire s'arrête là. On ne sait rien de ce qui se passe ensuite. Une autre légende toutefois prétend que ... les tremblements de terre ... sont symptômes de la joute amoureuse que dansent le Dragon de Lumière et la Pachamama dans les montagnes et vallées de la Grande Cordillère des Andes.
Merci de m'avoir écouté.
Monday, November 23, 2015
Kiku y el Pulpo (ES)
Hace algunas semanas, Simón nos contó sobre el Dragón Cosmotelúrico que vivió 3000 años en el Tibet y que más tarde, al alba del tercer milenio, nadó sobre terremotos en forma de olas y luego de haber recorrido la mitad del globo vino a parar a las riberas de la Cordillera de los Andes. Chile y Perú forman ahora un nuevo país que en el lenguaje de la Nueva Mitología llamamos "el Nuevo Tibet".
La Nueva Mitología inventa cada día nuevas imágenes y dansas, cuentos y cantos, símbolos y rituales. Cada humano, animal, planta, piedra, estrella, nube, ángel y demonio, está invitado a participar en la creación de esta Nueva Mitología, aportando su color y su timbre personal. Hoy he decidido formar parte de esta nueva tradición contándoles la historia de:
KIKU Y EL PULPO
Kiku es el nombre de cariño que doy al Dragón Cosmotelúrico. Es más corto y más bonito. Kiku llegó entonces a las Cordillera de los Andes, estiró su cuerpo eléctrico a lo largo de la cadena montañosa que lo sostiene como una columna vertebral. LLevando su cabeza hasta Perú, sus cabellos son la selva infinita, y su cola, hacia el sur, se extiende hasta la Patagonia. La ciudad de Valparaiso se sitúa en el plexo solar del Dragón.
Así es entonces como él llega, se instala, se relaja, siente su nuevo cuerpo y la vibración interna de la Cordillera le agrada mucho. Siente vibrar la roca milenaria como el sonido de una campana eterna. Puede escuchar, en la profundidad del suelo, la inmensa y lenta compresión de la placa tectónica que roza el fondo basáltico del océano. Este roce produce electricidad y esta electricidad nutre su cuerpo vital cansado por el largo viaje.
Se deja llevar y sueña. Ve su cuerpo, la cordillera, el océano. Entre las hebras de su sueño percibe una presencia negra en el fondo del océano. Se sumerge aún más en el sueño, hasta ver una forma dibujarse: un número de ocho tentáculos se unen al rededor de una cabeza globosa y blanda, desde la cual abruptamente dos ojos rojos lo miran.
Sorprendido, Kiku retrocede. El cuerpo gigante de un pulpo negro surgía del océano frente a él y crecía hasta invadir todo el horizonte. En el centro de la cabeza gigante que se hinchó hasta tapar el sol, los dos ojos rojos seguían mirándolo fijamente. La forma titánica es recorrida por un temblor de cólera que hace vibrar toda la cordillera.
Al parecer, se dice Kiku, tendré que trabajar un poco antes de poder bailar y reir en este país tan agradable. Veamos... ¿qué puedo hacer?
Seguido de un pequeño momento de reflexión, extrae de su corazón una gotita de inocencia pura, que le da la forma de un niño de tres años, al que pone delicadamente en la playa, exactamente frente al Pulpo. Éste último, furioso por haber sido interrumpido en su sueño, agita sus brazos torturados en todas las direcciones.
Sus ocho patas se dividen en ocho, y cada subpata a su vez se divide en ocho más, y de esa forma, al cabo de 12 divisiones, siete mil millones de tentáculos en forma de dedo penetran el ano apretado de siete mil millones de humanos. Los movimientos individuales de cada uno de esos dedos le permiten al pulpo manipular como a marionetas a hordas humanas, utilizando el poder del MIEDO. Es así, entonces, como siete mil millones de humanos van al trabajo por la mañana, comen completos, miran la tele, toman cerveza, sin saber que en el fondo, tienen el ano contraído con un dedo de Pulpo atravezado. Y cada vez que ese dedo se mueve en su trasero, ellos sienten miedo, y este miedo el Pulpo lo absorbe como la más jugosa comida. El Pulpo parasita toda la humanidad y a humanidad no lo sospecha, puesto que el Pulpo también tiene el poder de confundir su forma en la obscuridad profunda.
Pero el niño no teme al Pulpo, porque posee plenamente el poder de la inocencia. El pequeño mira al Pulpo a los ojos y lo interroga con estas tres preguntas rituales:
- ¿Quién eres tú?
- ¿Qué quieres?
- ¿Cómo te sentirías si tuvieras plenamente lo que quieres?
A continuacion el dialogo tal como se desarolla :
- ¿Quién eres tú?
- !Yo soy el PULPO! Yo controlo todo el universo através del poder del MIEDO. Soy viejo como las tinieblas y TE ODIO!
- ¿Qué quieres?
- Quiero disolver tu cuerpo en la nada. Destruir tu alma y torcerla para siempre y comer los restos de tu sufrimiento, lo que sería una delicia para calmar mi hambre infinita!
- ¿Cómo te sentirías si tuvieras plenamente lo que quieres?
- Me sentiría lleno de calma, de confianza y de paz.
En ese momento, el niño se vuelca a la ventana situada en el centro de su corazón y observa un instante al Dragón dormir. En seguida, por la moyera de su cabeza abre un pequeño orificio por el cual invita al Océano Infinito del Cielo a verter en su cuerpo una medida raza de calma, de confianza y de paz. Deja su cuerpo llenarse de esta substancia líquida, dorada y suave como la miel, sus piernas, su tronco, sus brazos, su cabeza, hasta que todo está colmado. A continuación y una vez transformado en gránulo de miel jugosa, el niño avanza hacia el océano y ofrenda su cuerpo al Pulpo diciendole "cómeme".
Poseído por un apetito milenario tan grande como el océano, el Pulpo se lanza hacia su presa jugosa y la engulle de golpe. Instantáneamente dos niños cebados de miel aparecen en la playa, y también los engulle. De inmediato aparecen otros cuatro, luego ocho, dies y seis, etcetera. De esta forma, el numero de niños comestibles se multiplico en proporcion al hambre del Pulpo. El Pulpo pierde toda compostura y devora con hancias los racimos de niños que agarra salvajemente, utilisando TODOS sus dedos.
Todo esto implica entonces que siete mil millones de humanos son instantaneamente liberados del poder del miedo. Un inmenso suspiro de alivio recorre el inconsciente colectivo de la humanidad, quien es por la primera vez liberado del dominio del pulpo despuès de mas de tres mil años.
El pulpo devora, devora y devora, tanto como le pide su hambre, que el hubiese creido infinita, pero que poco a poco va apagandose. El pulpo cambia de forma. De inmenso, comienza a encojerse lentamente hasta alcanzar la talla humana. Sus formas se simplifican : dos tentaculos se convierten en un brazo, dos otros en otro brazo, y los cuatro restantes, en dos piernas. La cabeza se vuelve proporcionalmente mas pequeña, y en su base surge una cabellera negra, mientras que la piel negra se aclara hacia el tono tierra del fuego. Al final de la transformacion, el Pulpo se ha convertido en una chica de diez y nueve años, desnuda, muy hermosa, de pelo negro que le cubre todo el cuerpo con ondas largas. La joven dirige su mirada al niño y le sonrie con gratitud.
El niño tambien responde con una sonrisa y luego la interroga con estas tres preguntas rituales:
- Quien eres tu?
- Que me ofreces?
- Como puedo encontrarte cuando necesite de ti
A continuacion, el dialogo tal como se desarolla :
- Quien eres tu?
- Yo soy la Pachamama. Yo contengo la plenitud de la calma, de la confianza y de la paz. Sostengo al universo con las hebras de mi cabello infinito. Yo soy el lugar donde todos vuelven cuando llega la hora de descansar
- Que me ofreces?
- Te ofrezco el camino que lleva a tus pies, el agua que libera tu sed, el sonido del viento entre los arboles que hace gozar tu alma con su musica
- Como puedo encontrarte cuando necesite de ti
- Llama al viento, al agua del rio, al camino de piedras negras, escucha a tus huesos, tu corazon, al murmullo del oceano en tu sangre. Yo estoy en todo tu ser. Escucha el silencio de tu interior.
El silencio, ahora perfecto, se extiende en el espacio entre y adentro del niño y la joven. En este silencio, la Pachamama mira al niño. Ella puede leer la historia en el alma de cada uno. Sin embargo, cuando mira dentro del alma del niño, no ve nada, nada mas que inocencia, sin ningun trazo de memoria. Este misterio la intriga. Entonces mira mas profundamente en el alma del niño y encuentra la ventana situada en el centro de su corazon. Ella mira a traves de la ventana, logrando ver la figura del Dragon, inmensa y adormecida, cuyo cuerpo color perla abarca todo el largo de la Cordillera de los Andes. Al mirar esta forma, y luego el alma de esta forma, se enamora instantaneamente. Su corazon es conmovido por la inocencia profunda del Dragon, cuyo reflejo es el niño. Ella se inclina, se hace pequeña, penetra totalmente en el corazon del niño, y se posa, desnuda y vibrante, junto al cuerpo del Dragon adormecido.
La historia se termina aqui. Nada se sabe de lo que pasara mas tarde. Aunque de todos modos existe otra leyenda que asegura que ... los terremotos ... son sintomas de la lucha amoroza que hace danzar los cuerpos del Dragon de Luz y de la Pachamama en las montañas y valles de la Gran Cordillera de los Andes.
Gracias por escucharme.
Y gracias a Carla por la traduccion en Español
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